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Images aléatoires

Samedi 21 juin 2008

Mayotte regorge d'enfants. Ici, pas de Play-Station, X box, ordinateurs ou jouets hors de prix de chez Jouet Club. Leur seul divertissement, c'est la rue. Ils sont partout, dehors à longueur de journée, livrés à eux-mêmes, habillés de guenilles ou moitié nus, sales et poussiérieux à force de se traîner partout. Ca rie, ça crie, ça joue, ça chante et parfois ça pleure.... mais aucun parent jamais ne s'inquiète de savoir ce que fait sa progéniture....
Ils s'amusent avec ce qu'ils trouvent. Ainsi, il n'est pas rare de voir une vieillerie, mise à la poubelle, récupérée aussitôt par les gamins, émerveillés de leur nouvelle trouvaille. Ici rien ne se perd, tout se recycle !
Ainsi, ce vieux matelas en mousse déposé à côté des ordures a fait le bonheur des enfants du quartier pendant un bon moment :


La proximité des déchets ne gêne nullement les enfants...


Le matelas devient le nouveau terrain de jeux, et ils sont de plus en plus nombreux à s'y entasser, à s'y rouler. Il se transforme même en tramploline d'un jour :















Les enfants, contrairement aux bouénis et aux bacocos, aiment prendre la pose devant l'appareil photo. Ils jouent avec l'objectif et adorent ensuite se regarder dans le petit écran du numérique.
Voici encore quelques portraits d'enfants de notre quartier :

























par Chris, blog-trottine publié dans : La vie à Mayotte communauté : Mayotte le confetti
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Dimanche 23 mars 2008

Vendredi soir, accompagée d'Elodie (une collègue) et de deux de ses voisins, Mansour et Youssouf, nous nous sommes rendus à Majikavo, pour assister à une fête religieuse. Il s'agissait d'un madjliss pour les enfants. Il y avait beaucoup de monde, mais autant vous le dire tout de suite, nous étions les deux seules m'zungus dans l'assemblée, et nous ne sommes pas passées inaperçues !!





Cette cérémonie regroupe tous les enfants d'une même école coranique (madrassa). Ils sont tous vêtus de la même façon ; les garçons sont en boubou blanc et les filles en noir.

Les enfants sont assis par terre sur une grande natte, tandis que les hommes derrière eux sont sur des chaises :


Chacun leur tour, un par un, les enfants montent sur la scène pour montrer à leur famille ce qu'ils ont appris à l'école coranique :

 


Ils récitent des versets du Coran, en langue arabe.


Une fois sa prestation terminée, des femmes de la famille montent sur la scène pour féliciter l'enfant : elles lui passent un collier de fleurs autour du cou, et lui glissent discrètement quelques billets dans la main en guise de récompense :


Celui-ci tient sous son bras droit la coquette somme de 100 euros !



Pendant ce temps, le Fundi (c'est-à-dire le maître) maintient l'ordre dans l'assemblée, en alignant les enfants, et "recadre" ceux qui ont tendance à se dissiper :

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De temps en temps, les récitations du Coran s'arrêtent pour laisser place à un intermède musical. Des hommes, regroupés en associations culturelles et religieuses interviennent alors. Ils chantent des chants religieux, accompagnés de percussions : ils appellent ça des "kahandza". Toute l'assemblée se lève et se met à danser :


Ils tiennent dans la main une sorte de canne, mais personne n'a su m'expliquer pourquoi?


 
Voici notre ami Mansour, en habit religieux, tenant un tari : c'est une percussion traditionnelle servant à accompagner les chants.

La cérémonie a débuté à 19 heures, mais quand nous sommes partis à 1 heure du matin, c'était loin d'être fini ......





Une petite impression personnelle pour finir cette note :
 
Je suis à la fois très contente d'avoir assisté à un madjliss, et ce grâce à Mansour qui fait partie d'une association et qui nous a permis de découvrir cette tradition. C'est aussi grâce à lui que j'ai pu prendre quelques photos de ce moment, car il a spécialement demandé l'autorisation aux organisateurs. Ca vaut le coup de voir ça au moins une fois et je l'en remercie.

D'un autre côté cependant, nous avons été un peu refroidies, Elodie et moi-même, par certaines pratiques : les adultes qui interviennent, ont librement choisi leur pratique religieuse et nous respectons cela.
Pour les enfants, en revanche c'est une autre histoire : nous avons vu des petits garçons et petites filles âgés de 2 ou 3 ans seulement prendre part à la cérémonie.... 
... ils savent tout juste parler et apprennent déjà par coeur des versets du Coran (qu'ils répètent sans comprendre) ... 
... vont tous les matins, avant l'école publique, à l'école coranique...
... sans parler des coups qu'ils recoivent s'ils ne sont pas d'assez bons élèves....
... parce que leurs parents l'ont décidé et que c'est la règle pour tous....
... et qu'ils n'ont pas le choix...

... cela fait certes partie d'une éducation communautaire...
... Mais que comprennent-ils de Dieu à cet âge là ??? A méditer....

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"Je ne demande pas votre foi ; je ne suis pas moi-même placé en position d’autorité. Je n’ai rien à vous apprendre - pas de nouvelle philosophie, aucun nouveau système, aucun nouveau chemin d’accès à la réalité ; il n’existe pas de chemin vers la réalité, pas plus que vers la vérité. Toute autorité de n’importe quelle nature, notamment dans le domaine de la pensée et de la compréhension, est la chose la plus mauvaise, la plus destructrice. Les meneurs détruisent les suiveurs et les suiveurs détruisent les meneurs. Vous devez être votre propre maître et votre propre disciple. Vous devez interroger tout ce que l’homme a accepté comme valable, comme nécessaire."

                                                                    Krishnamurti
.

 

par Chris, blog-trottine publié dans : La vie à Mayotte communauté : Mayotte le confetti
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Mercredi 19 mars 2008

Le banga est une habitation traditionnelle fabriquée à l'adolescence par et pour les garçons. Entre 12 et 15 ans, les garçons sont dans l'obligation de quitter la maison familiale et de construire leur propre habitation, car les familles comptent en général de nombreux enfants et les maisons mahoraises ne comportant qu'une ou deux pièces, il n'est pas jugé convenable de laisser des frères et soeurs cohabiter dans une telle promiscuité. L'adolescent peut ainsi échapper à l'autorité parentale !

La construction d'un banga représente un tournant dans la vie du jeune homme, symbolisant son passage de l'enfance à l'âge adulte. Tous ses amis se réunissent et participent à sa réalisation.


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Un banga traditionnel est exclusivement construit avec des matériaux naturels : l'ossature est en bois, les murs en torchis (mélange d'argile et d'herbes sèches) et le toit en feuilles de palmiers tréssées. Cependant, de nos jours, de plus en plus de bangas sont construits avec des feuilles de tôles ondulées, plus solides et plus faciles à poser.


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Une fois terminé, certains garçons, s'ils ont les moyens d'acheter des peintures, décorent leur banga selon leur imagination, leur goût, leur talent .... En voici quelques-uns du village de M'Tzamboro :

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Des propriétaires fiers de leur oeuvre, voulant poser devant leur banga avec ma copine Fred !


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En voici un en tôles ondulées.


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Le banga est un lieu de rencontres, on y dort, on regarde la télé, on y écoute de la musique. C'est aussi un moyen de séduction, on y invite les filles..... mais il y a toujours une fenêtre judicieusement placée, permettant la fuite de celle-ci en cas de visite imprévue !

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Bon, mais rassurez-vous, ces jeunes garçons ne sont pas totalement livrés à eux-mêmes. Bien qu'ayant leur propre habitation, ils continuent à prendre leurs repas chez maman qui leur lave aussi leur linge ! Puis viendra le moment du mariage : le jeune quittera son banga pour aller vivre chez sa femme (car ici la maison appartient à la femme) et c'est Madame qui prendra le relais de la maman pour toutes ces tâches ménagères. Eh oui, il fait bon être un homme à Mayotte !!

Cette tradition des bangas est en voie de disparition à Mayotte, car l'habitation familiale traditionnelle (avec une seule et unique pièce) est progressivement remplacée par des constructions en béton et parpaings où les pièces et les étages se rajouent en fonction des finances et des naissances ..... Aussi vous trouverez partout dans l'île des maisons en dur qui sont constamment en travaux, jamais finies .....

 

par Chris, blog trottine publié dans : La vie à Mayotte communauté : Mayotte le confetti
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Jeudi 15 mars 2007

 

Ce week-end, c'était la fête à Hamjago. En effet tout le village s'est mobilisé pour célébrer un grand mariage. Les festivités commencent dès le vendredi soir et se terminent dans la soirée du dimanche.

Vendredi soir, un groupe de percussion donne le coup d'envoi : les villageois  se réunissent alors sur la place du village pour écouter et chanter des versets du Coran. Le lendemain, la famille et les amis affluent de toute l'île pour organiser la fête : les femmes préparent les différents plats qui seront servis lors du grand repas du soir, tandis que les hommes transportent les tables, vont chercher des fagots de bois pour le barbecue géant... Après le repas, la fête se prolonge toute la nuit : c'est, paraît-il, un des rares moments où les musulmans se lâchent !

Le Dimanche, nous avons assisté à la clôture du mariage. Les femmes défilent dans le village en jouant des m'biwis (ce sont deux bâtonnets de bois utilisés comme percussions). Remarquez qu'elles sont vêtues pour l'occasion de leurs plus belles salouvas ! (tenue traditionnelle : sorte de robe longue nouée au dessus de la poitrine, assortie d'un châle porté sur l'épaule ou couvrant la tête). Puis elles s'assoient sur la place du village pour accompagner un groupe de musique traditionnelle mahoraise.

 

 

Tour à tour, 2 par 2, les femmes dansent au centre de la scène. La tradition veut que seules les femmes mariées ont le droit de participer à cette danse appelée elle aussi m'biwi. Il faut dire que tout se passe au niveau des fesses qui se dandinent alors que le reste du corps reste quasiment immobile.

 

 

 

Comme vous pouvez le voir sur ces photos, tout le village est regroupé : jeunes et vieux, femmes et enfants .... Même les handicapés que l'on a plutôt tendance à cacher chez nous semblent intégrés dans le village.

 

 

Pour finir, on vous met une image d'un de nos petits voisins à la bonne bouille. Un régal le matin quand il lève la main pour nous dire "bonjour" en français.

 

 

 

par les blog-trotters publié dans : La vie à Mayotte communauté : Mayotte le confetti
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Lundi 26 février 2007

 

Le dimanche (ou le samedi soir), en vous promenant sur les plages de Mayotte, vous croiserez forcément des mahorais entrain de partager un voulé. Les ingrédients d'un voulé réussi sont : un bon feu, une panière de charbon, une grande grille, des mabawas (ailes de poulet), des brochettes ou du poisson et pour accompagner le tout, des bananes vertes ou du manioc ou encore du fruit à pain. Sans oublier quelques boissons : c'est une tradition incontournable, c'est aussi une façon de passer un bon moment entre amis autour d'un repas chaud.

 

 

 

 

Hier, nous avons eu le plaisir d'être invités par un groupe de mahorais rencontrés cette semaine à un voulé organisé spécialement pour nous (Matthieu, Antoine et Steph, Loïc et moi-même). Malgré un temps très incertain (en fin de matinée, une forte averse s'est abattue sur Mayotte, les nuages et le vent ont persisté toute l'après-midi), le voulé a bien eu lieu. Ce ne sont pas quelques gouttes de pluies qui vont arrêter les mahorais !!

Nous voilà donc au rendez-vous sur la plage de Jiva pour notre premier vrai voulé mahorais : nos hôtes nous ont réservé un accueil royal ! Tout était prêt à notre arrivée : ça c'est de l'organisation !!

 

 

 

Au menu : brochettes et mabawas -marinés au préalable dans une sauce épicée- et manioc grillés, sans oublier le fruit à pain cuit directement dans la braise.

 

 

Les hommes s'occupent de la cuisson : ici c'est Ibrahim (sur la photo) et Ali Mohamed qui s'y collent !

 

Saandati, quant à elle, a préparé des samoussas : c'est un plat très long et difficile à réaliser, qu'elle a fait spécialement pour nous faire goûter : quelle chance ! Ils sont délicieux !

 

 

Tous les plats sont servis, il est temps de goûter !

 

 

Des troncs d'arbres récupérés dans le champ voisin en guise de chaises, les plats sont posés à même le sol, on mange avec les doigts : c'est rustique, mais qu'est-ce que c'est bon !! et copieux en plus .....

 

 

Nous avons ainsi passé un excellent dimanche, immergés dans la tradition mahoraise, à manger, discuter, rire et sympathiser avec ces mahorais que nous connaissions à peine. 

Quand on dit que les mahorais sont profondément gentils .... c'est pas une preuve ça ?

 

 

par Chris, blog-trottine publié dans : La vie à Mayotte communauté : Mayotte le confetti
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